Beaucoup moins sexy que Ségolène, faut dire (tant qu'à voter pour des gens qui tiendront pas leurs promesses, hein...). Mais bon, même et surtout après analyse aussi documentée que possible de son cas, j'ai
vraiment pas voté Sarkozy. Un gars soutenu financièrement par un réseau de grands patrons (notamment de la presse) et industriels, enfermés dans leur logique implacable de toujours plus de profits, c'est juste pas possible. Une fois en place, le petit Sarko commence par rembourser sa dette à son joyeux groupe d'amis dorés (les 15 milliards de paquet fiscal dont on parlera jamais assez), agravant encore un peu plus le déficit national. Pour y remédier, pas de problème, y a les poches (nombreuses) des classes moyennes et en dessous.

Cible principale : les fonctionnaires. Ils sont payés par l'état et l'état, c'est lui. Plus que jamais même, avec les libertés aberrantes prises avec les institutions de la république et la séparation des pouvoirs. Des mots compliqués qui n'intéressent pas la majorité des électeurs, qui de toute façon ont pas envie de "se prendre la tête". Ca tombe bien.
Moins de service public donc, ça n'emmerdera que ceux qui n'ont pas les moyens de se payer les mêmes services privés. A commencer par l'école, moins de profs = classes surchargées et moins nombreuses, donc profs contraints de boucler leur volume horaire en exerçant sur 2 ou 3 établissements différents, là ou y a des trous à boucher sans recruter qui que ce soit (trop cher). Donc des profs "de passage", pour s'occuper de classes à 30 élèves.
La qualité d'enseignement va bien sûr s'en ressentir, mais bon, ceux qui ont des sous mettront les chers petits dans le privé - on les comprend ! - et comme ça, il restera que les plus pauvres ou ignorants dans les écoles publiques suppliciées. Une fois encore, ça tombe très bien : un peuple ignorant et peu porté sur la réflexion et l'analyse, c'est tout ce qu'il faut pour se faire élire et gouverner tranquille. Donc, en plus de s'éclater au présent, enivré de pouvoir et de prestige bling bling à tous les étages, on prépare bien l'avenir. Le candidat le plus cynique, du genre qui se torche avec les principes d'égalité de notre belle devise nationale, n'aura qu'à apparaître motivé et déterminé à "changer la vie" pour être cru sur parole, rien qu'avec un peu de charisme et de gnak bien spectaculaire. Ca c'est un mec qui en veut.
Le programme en détails ? trop long à lire, c'est pour les intellos (ste honte les intellos, ah j'te jure). Les commentaires médiatiques sur le paquet fiscal ou encore sur les experts en chiffres du chômage empêchés de travailler ? Pas un problème non plus, la presse appartient aux amis dorés. Décidément, ça tombe vraiment bien tout ça. On en parle juste ce qu'il faut pour maintenir un fétu de paille de crédibilité et hop, une Une sur Sarko en Amérique ou Sarko à Disneyland, c'est plus qu'il n'en faut pour passer à autre chose.
Avec Nicolas Sarkozy tout devient possible, il l'avait écrit en gros sur ses affiches. Tout devient possible, même des gens qui votent pour celui qui va vider leurs poches afin de remplir celles de ceux qui s'enrichissent sur leur dos. Au moins il a été honnête, mais bon réfléchir à ce qu'on lit, c'est chiant. Remettons plutôt TF1, y un reportage sur le nouvel album de Carla Bruni. Chouette.